Vendredi 13 juin 2008
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Fin du petit état
des lieux des dix dossiers importants de cette première année Sarkozyenne...vraiment la fin, ou uniquement le début...?
Toujours moins d'état..."Révision
générale des politiques publiques", un titre bien ronflant qui cache une réalité bien concrète : des entailles dans le statut de la fonction publique au nom de la mobilité, et le
remplacement d'un départ à la retraite sur 2. En 2008, 23 000 emplois supprimés. Près de la moitié concerneront l'enseignement, à moins que les grèves et le mouvement des élèves et des
enseignants fassent reculer le gouvernement ?
Si la quantité ne fait pas toujours la qualité, comme dit Darcos, il est toujours vérifié que la pénurie crée l'échec...encore plus chez ceux qui n'ont pas les moyens de se payer des cours
supplémentaires...L'Université suit le même chemin, en accéléré. L'autonomie, créée par la loi LRU du 10 août 2007, sert à justifier le recrutement de gestionnaires et d'enseignants/chercheurs
selon le bon vouloir du président, la création de fondations permettant d'introduire les capitaux privés...
Ainsi, depuis le 15 janvier 2008, l'Université Paris-I (Panthéon-Sorbonne) a créé avec Conforama un cursus spécial DM Academy (pour les futurs directeurs de magasins) ! La concurrence
entre facultés est ouverte, lalheur à celles qui ne peuvent récolter des fonds privés ! Dans cette course, la réforme de la recherche prônée par d'Aubert pèsera lourd, au risque de vider le CNRS
de sa substance et de dévitaliser la recherche...
Pour autant, les secteurs apparemment épargnés (sécurité ou justice) ne sont pas à l'abri : cest le prérimètre de toutes les fonctions collectives qui va se restreindre. Les autres dépenses
publiques (aides dites à l'emploi - en réalité aux entreprises - mais aussi financement des opérations extérieures, comme en Afghanistan...) continuent à filer...
Et ce
n'est pas fini...Le gouvernement a réussi à s'attaquer aux régimes spéciaux des cheminots, des salariés de la RATP,
des électriciens et gaziers (au moins dans le principe) et à imposer un service minimum dans les transports publics. Sa victoire est plus idéologique que pratique (voir les propos de Fillon) mais il espère en
profiter...Dans le public comme dans le privé, le pouvoir veut porter la durée de cotisation à 41 ans, alors que déjà 4 salriés sur 10 partent avec une pension amputée...D'autres projets sont
sur le feu : la transformation de l'hôpital, qui sera géré comme une entreprise, des privatisations (fusion EDF-Suez, Areva...), la "réorganisation du service public de télévision",
l'abrogation des 35h...
Qu'attend-on...?
librement inspiré d'un article du Monde
Diplomatique de Juin 2008
Par Vendetta
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Jeudi 12 juin 2008
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23:18
Suite du petit
état des lieux des dix dossiers importants de cette première année Sarkozyenne...et ça n'est même pas la fin...!!
Un sacré dépoussiérage du droit du travail
! Deux événements viennent accélérer le démantèlement du droit du travail. La "recodification" donne naissance à un texte en vigueur depuis mai
2008, et la loi sur la "modernisation du marché du travail" adoptée début juin. Le texte recodifié élargit la voie de la déréglementation. Par exemple, les salariés dépendront désormais
de codes différents. Quant à la nouvelle loi, accord entre syndicats de salariés (sauf CGT) et patronaux, elle prétend instaurer la "flexisécurité"...En fait, c'est comme le pâté
d'alouette : beaucoup de flexibilité, peu de sécurité.
Les périodes d'essai sont allongées d'un mois. Un nouveau CDD (contrat de mission) est créé, qui peut aller de 18 à 36 mois pour un cadre ou un ingénieur "embauché" pour un projet précis. De plus
la rupture "conventionnelle" ou "amiable" d'un CDI devient possible, la loi considérant que l'employeur et l'employé sont sur un pied d'égalité...
Seule concession : la rupture doit être validée par la direction départementale du travail. C'est maigre, même si l'on y rajoute la réduction d'un an de la durée d'ancienneté indispensable pour
prétendre à des indemnités de licenciement...
Immigrés, tests ADN, quotas...Sarko l'avait promis à ses
électeurs, et ceux de Le Pen : réduire le nombre d'immigrés. Au moins ceux liés au regroupement familial, tandisque seraient bienvenus ceux que les employeurs sélectionneront : c'est
l"immigration choisie"...Les candidats au regroupement familial doivent passer un examen évaluant leur "degré de connaissance du français"...et un test ADN pourra être exigé pour que
les autorités françaises s'assurent que l'enfant est "naturel" (non adopté, non recueilli...)!! Une mesure contraire à l'éthique, que le Conseil Constitutionnel a néanmoins validé (avec
quelques circonvolutions).
Dans le même temps, le gouvernement fixe des quotas d'expulsions, avec un rendement minimum porté à 25000 par an, ce qui conduit les policiers à traquer les enfants jusque dans les écoles, et
des immigrés apeurés à se donner la mort...Conséquence inattendue de la loi : l'arrivée sur scène de travailleurs immigrés sans papiers, avec l'appui d'une partie des employeurs, qui ont peur
d'être contrôlés car la loi les contraint à vérifier les documents d'identité auprès des préfectures. Une grève qui change un peu le climat, et donne de l'air frais...
La justice plus loin du peuple...Tollé quasi-unanime des
magistrats, mais, Dati a tranché dans le vif : elle supprime 178 tribunaux d'instance (sur 473), 63 conseils des prud'hommes (sur 271), 23 tribunaux de grande instance (sur 181). Dans certains
endroits, ce sera le désert ! Or les plus gros tribunaux ne sont clairement pas les plus efficaces ! Le problème : des juges trés peu spécialisés, trop proches de la population, et donc peu
efficaces, sans aucun doute...quelle subversion, une justice proche du peuple !
Les dispositions répressives su multiplient : la loi du 25 février 2008 sur la rétention de sûreté prévoit de garder dans des centres fermés les auteurs de crimes pédophiles, au-delà de la
paine de 15 ans ou plus effectuée, s'ils présentent des risques élevés de récidive. Ainsi est créée une peine de détention aribitraire à vie, alors que les moyens de traitement et de
réinsertion sont réduits à la portion congrue. Le Conseil Constitutionnel, saisi, a accepté le principe, même s'il a refusé que la loi soit rétroactive...
Par Vendetta
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Mercredi 11 juin 2008
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23:56
Suite du petit
état des lieux des dix dossiers importants de cette première année Sarkozyenne...
Droits sociaux contre salaire : le
conseil de Sarko est clair : pour être augmenté, il faut travailler plus, combien de fois l'a-t'on entendu, jusqu'à la nausée ? C'est la "monétisation de la réduction du temps de travail
(RTT) et des congés payés". On peut donc maintenant racheter les jours de RTT et être payés avec une prime de 10% à 25% selon les cas, jusqu'en décembre 2009. On peut faire de même avec une
partie des congés payés.
Le raisonnement est identique avec le travail du dimanche, que les directions des grandes surfaces veulent accentuer. En 2004,
environ 27% des salariés travaillaient le dimanche, et pas seulement dans le commerce (c'était 19% dix ans plus tôt). Ces journées travaillées hors normes représentent bien souvent un bon
supplément pour les bas salaires, difficile de s'en passer !
Dans le même esprit, depuis octobre 2007, il y a a la défiscalisation des heures sup' et le non-paiement des cotisations
sociales. Mécaniquement, ceux qui faisaient déjà des heures sup' (en gros 1/3 des salariés à temps complet) vont bénéficier d'un petit surplus, payé, donc, par les contribuables, et donc par
eux-mêmes (par les cotisations sociales en moins et la défiscalisation).
Le gain est marginal : d'une part, l'annualisation du temps de travail (on peut effectuer 48h certaines semaines, sans
rétribution supplémentaire et 12h d'autres semaines) n'est toujours pas remise en cause. D'autre part, pour qu'il y ait des heures sup', il faut des activités supplémentaires ! Cette mesure
coûtera 6 milliards par an, sans espoir de vie meilleure, ni relance de la croissane (enfin, si c'est un but à atteindre...?)
Les supermarchés comme solution
? A en croire Attali et ses 316 propositions, la "libération" du pouvoir
d'achat passe par une nouvelle vague de supermarchés. Ok, la réglementation (relative) de l'implantation des grandes surfaces ne s'est pas traduite par une baisse des prix des produits
alimentaires, mais de même, la déréglementation n'entraînera pas une réduction de l'inflation : les géants de la distribution continueront à tirer les ficelles, tandis que les petits
commerçants des centres-villes seront un peu plus en difficulté....
En revanche, les consommateurs (nous!) devont prendre leur voiture pour aller faire les courses (cher et polluant) ; les
salariés se verront imposer le travail à temps partiel dont les supermarchés sont déjà les champions...Les implantations sauvages de ces commerces se traduiront sûrement davantage par une
course au travail du dimanche, et aux horaires quotidiens tardifs que par la baisse des prix pour le consommateur...On parie ?
Les pauvres paient ! Grâce à M. Hirsch, haut-commissaire
aux "solidarités actives" un revenu de solidarité active (RSA) est créé pour les allocataires du RMI reprenant un emploi. Les salaires sont si bas que ces travailleurs pauvres perdent
parfois de l'argent en reprenant un travail !! Voilà qui les empêcherait des retrouver un emploi, toujours selon l'idée que l'on resterait chômeur par convenance...A défaut d'inciter les
entreprises à augmenter les salaires, et à limiter les temps partiels non choisis, le pouvoir invient le RSA, pour compenser le manque à gagner...
La "bonne" idée là-dedans est de le faire payer par les bénéficiaires de la primer pour l'emploi, c'est-à-dire
ceux qui disposent d'un revenu fiscal de 16251 euros, ou 1354 euros/mois au max. pour un célibataire. Les conditions d'attribution de cette prime deviendront donc plus restrictives, les
titulaires moins nombreux...
L'argent gagné ainsi financera le RSA. On aurait pu proposer de taxer les bénéfices exceptionnels liés aux
placements financiers ou encore d'instaurer des cotisations sur les revenus issus de l'intéressement et des stock-options, mais ça, ce serait la révolution, mieux vaut faire les déjà-pauvres
pour aider les encore plus pauvres...?
Par Vendetta
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Dimanche 8 juin 2008
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23:40
Plus d'un an déjà
que Sarko est en place, seulement un an devrait-on dire...mais quand on voit ce qu'il à réussir à faire, ou plutôt à défaire, en seulement une petite année, on se demande ce que les 4 prochaines
nous réservent ! Que peut-on faire contre cela ? Pour commencer, le constat est important, se rendre compte du mal que vont faire ses réformes, et passer le mot...en espérant que nos concitoyens
se réveilleront...?
Le "Pouvoir d'achat" : aucun coup de
pouce pour les bas salaires. L'augmentation du SMIC au 1er mai est plafonné au niveau légal (19 centimes d'euros brut de l'heure), soit 2.3% en un an, pour une inflation de 3.2% (entre mars 2007
et mars 2008). Les allocations familiales sont réduites, alors qu'elles bénéficient aux bas revenus : les familles qui touchaient 33.84€ lors des 11 ans de leur enfant ne touchent plus rien, et
elles auront droit à 60.16 euros pour ces 14 ans (au lieu de 16 ans). 80 millions ainsi économisés, qui "devraient être redistribués" d'après le gouvernement...attendons...
La "franchise de soins" est déjà en place, les patients paient 50 centimes par boîtes de médicaments, 1 euro par visite
médicale, et 2 euros pour le transport, dans la limite de 50€/an. Soit 850 millions de prélèvements sur les malades en un an.
Entre 2000 et 2005, le revenu salarial net moyen a baissé de 0.5% (INSEE), en moyenne évidemment. Les hauts salaires, eux, grimpent plus vite : + 29% pour le 0.1% des salariés les mieux payés
entre 1998 et 2005
Les riches empochent : donner plus à ceux qui en ont le moins besoin. Le "paquet fiscal" a servi à
réduire l'ISF, ainsi que les droits de succession et de donation. Seule la mesure permettant de déduire de ses impôts une part des intérêts de l'emprunt souscrit pour acheter sa résidence
principale (jusqu'à 7000€ pour un couple) aurait pu bénéficier aux couches moyennes (les plus pauvres ne pouvant acheter, hum, peut-être même une bonne partie des classes moyennes ?), mais la
flambée de l'immobilier réduit cet impact.
Le pouvoir nous laisse croire que ces mesures sur le patrimoine concernent toute personne désireuse de laisser quelques choses
à ses enfants...Mais déjà avant cette loi, seuls 22% des décès donnaient lieu à imposition sur la succession (source : SNUI). Ce taux va encore chuter. Les nouvelles dispositions concernent les
plus riches des plus riches : 16000 contribuables bénéficieront de 87% des mesures, 4.7 milliards par an, bien plus que ce réclamait Hirsch pour son RSA (revenu de solidarité active)...
Les chômeurs sous pression : avant toute négociation entre patronat et syndicats, Sarko a
tranché : toute personne refusant 2 offres "raisonnables" d'emploi sera pénalisée. Le "raisonnable" ? au bout de 6 mois, un emploi à 85% du précédent salaire, même à une heure de route en
transport en commun de son domicile, et, après un an, un salaire égal à l'indemnité (soit 57.4% en moyenne du salaire précédent) - dans les 2 cas, cela peut être un simple CDD ! Le demandeur
d'emploi sera donc contraint d'accepter ce qu'on lui "offre"...Avec la fusion de l'Unedic et de l'ANPE, les contrôles seront d'ailleurs plus faciles...
Autre disposition pour venir à bout des chômeurs : la suppression de la dispense de recherche d'emploi pour les
plus de 57.5 ans, après les CCD pour les travailleurs âgés de Villepin (avec éxonération de charges) et la suppression de la disposition Delalande, qui taxait les entreprises licenciant les
salariés de plus de 55 ans...
L'Unedic a pourtant une bonne santé : 3.5 milliards d'éxcédent en 2007, sans doute 4.6 en 2008...rappellons-nous qu'en 2003 une réforme sur l'indemnisation des chômeurs a été faite, qui fait
que 50.4% des chômeurs inscrits ne sont actuellement pas indemnisés, contre 44% en 2000, les demandes rejetées étant le fait de "cotisations insuffisantes".
Ce constat me fatigue, la suite demain, ou un autre jour...au programme : les droits sociaux contre salaire, le code du travail, la justice, les immigrés, le "moins d'état"...Tout ça!
Par Vendetta
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Samedi 7 juin 2008
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00:24
Comment se sentir "européen", ou plutôt laisser de côté son euro-scepticisme, pour reprendre des termes barbares, lorsque l'on voit
les directives que nous pond régulièrement la commission européenne? Mais là c'est pire que tout...cette directive sur l'immigration et les mesures d'éloignement des sans-papiers d'être adoptée par les ministres de l'intérieur des 27...
Ouf, le Parlement Européen doit encore le voter, mais tout de
même...La fronde s'organise petit à petit en France, mais cela suffira-t'il ? Les instances européennes
(mais donc a pondu cette directive, approuvées par tous ces ministres???) ont-elles décidées de se faire plus Sarkozystes que Sarko en matière de sécurité ?
Selon le texte, la rétention d'une personne expulsable pourra être prolongée jusqu'à 18 mois. Le clandestin rsique d'être banni de l'UE pendant 5 ans...En France, 85% des personnes enfermées en
vue de la éloignement sont renvoyées dans leur pays d'origine au bout de 17 jours seulement...Pourquoi 18 mois?? De plus les sans-papiers, puisque c'est bien d'eux qu'il s'agit pourront être
renvoyés dans des pays de transit, dans lesquels ils n'ont aucune attache : il n'est plus obligatoire de les renvoyer dans leur pays d'origine...
Les enfants sont soumis aux mêmes procédures que les adultes selon ce texte. C'est-à-dire qu'ils pourront être enfermés jusqu'à 18 mois eux
aussi, même seuls, et qu'ils pourront être expulsés dans un pays de transit, là où ils n'auront pas forcément de responsable légal. Les étrangers gravement malades n'auront plus droit à un titre
de séjour automatique, comme c'était le cas jusqu'à présent...On en arrive à des mesures sans fondements.
Certes, cette directive permet de limiter les abus concernant la rétention des migrants dans certains pays de l'UE...En ce sens, c'est positif, la durée de l'enfermement étant parfois illimitée
pour un clandestin, et cette directive permet d'interdire ce genre de pratiques...mais à quel prix? 18 mois de rétention, oui c'est mieux que l'enfermement illimité...à quoi bon garder en prison
des clandestins qui ne sont pas des criminels...?
A quoi sert une telle europe, si elle n'est pas synonyme de libertés, d'accueil et de secours aux plus démunis...?
PS : pendant ce temps, en France, 150 des 1000 plus hauts revenus échappent à l'impôt ou obtiennent une
restitution de l'état, après avoir déclaré un revenu fiscal de plus de 1 million d'euros...
Par Vendetta
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Vendredi 30 mai 2008
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00:18
...disait Sarko début 2008 (ou plutôt le fameux Papa Guaino, l'un de ses conseillers)...: voir pour cela cet article du Nouvel
Obs, et (désolé) cette page de Janvier 2008 du Blog de DSK...
Ces petits articles de rappel sont instructifs : le président du pouvoir d'achat dont la seule vraie arme sont les fameuses heures supplémentaires ne peut pas mettre en place un système
qui supprime les heures supplémentaires ! hum, est-ce bien sûr ?
...aujourd'hui apparemment, Mme Parisot s'inquiète des déclarations de X. Bertrand, mais elle-même conseillait il y a peu de "supprimer toute durée légale du travail"...Enfin, relisons ces déclarations d'aujourd'hui : "il faut
abandonner la durée légale du travail pour définir la durée du travail entreprise par entreprise par accord entre représentants du personnel et direction de l'entreprise". Les heures
supplémentaires seraient dans ce cas toujours possibles, à partir du seuil défini et "à un tarif que vous pouvez également discuter entre direction de l'entreprise et représentants du personnel",
selon elle. En pratique, elle veut bien supprimer la durée légale tout en conservant les heures sup'. Bref...quelqu'un comprend quelquechose ??
Pour ma part, rien du tout : comment arriver à concilier dans un même discours la certitude affichée que remettre en cause cette durée, à
part le "plafond" européen des 48h hebdomadaires (!!!), n'est en aucune manière contradictoire avec la possibilité de "gagner plus" avec des heures sup' ? Il faut un certain aplomb...ou un
certain cynisme, voire un mépris certain pour les travailleurs les plus pauvres, ceux qui se lêvent tôt pour gagner une misère, ceux qui cumulent plusieurs emplois pour arriver à ne pas vivre ou
à peine survivre, ceux qui sont SDF tout en ayant un emploi, ceux qui vivent dans leur voiture et parfois meurent de froid l'hiver...
Sarko a décidé d'appliquer la "Shock Doctrine" de Naomi Klein, ou une certaine version de ce capitalisme du désastre : attaquer tous azimuths des concepts que nous tenions pour acquis : laïcité,
éducation pour tous, sécurité sociale, solidarité envers les chômeurs, droit de grève, privatisation de l'université...et maintenant le temps de travail...
A quand la remise en cause des congés payés, qui, c'est sûr, freinent la croissance et la productivité de l'économie blablabla blablabla...?
Une seule solution...:
Par Vendetta
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Dimanche 18 mai 2008
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23:06
Hum d'un côté c'est du pain béni pour les blogueurs un peu tant soit peu attachés aux
libertés individuelles de base, et ça en serait aussi si l'opposition faisait son travail, et aussi, sans doute, si l'information trouvait son chemin au milieu des reportages sensationnalistes
sur les évènements en Chine, Birmanie...Un aubaine donc, mais en même temps, ça commence à devenir inquiétant, non?
Je m'explique : ici-même, mercredi dernier, je racontais comment de dangeureux militants gauchistes s'étaient vus confisqués leur matériel militant et certaines même embarqués par la
police, lors d'une visite de Sarko en Isère. Sous quel prétexte ? Mystère, c'est bien là le problème, rien n'interdisant un rassemblement de contestataires lors d'une visite d'un président,
puisque nous vivons encore (mais pour combien de temps) dans un état de droit...
Et revoilà la tentation autoritaire de Sarko qui le taquine à nouveau...Vendredi 16 mai, Sarko fait un petit tour à Melun, et trouve sur son chemin des CGTistes de l'ANPE, venus parler de la
fusion avec l'Unedic. La suite racontée par Le Monde :
"Une vingtaine de salariés (...) sont fouillés. L'une des fonctionnaires de police, en civil, sort d'un sac
en plastique qui leur appartient quelques produits estampillés du syndicat et s'en empare. "Vous nous avez arraché des mains du matériel syndical", proteste Margot Unbriener, responsable
régionale de la CGT-ANPE. "C'est une atteinte à la liberté d'expression", poursuit-elle, polie mais la voix émue par le procédé. "On nous traite comme une organisation clandestine,
comme des malfrats", proteste un autre militant CGT."
"Aucune banderole n'est visible dans ce magot. Profitant du repli des syndicalistes derrière les barrières, elle confie à l'un de ses collègues masculins les objets qu'elle a confisqués : "Va
mettre ça à l'intérieur." Une militante explique : "On nous a dit qu'il y avait une alerte de niveau 4... mais nous ne sommes pas des terroristes !" "Je n'ai jamais dit cela,
nous avons saisi des banderoles et des objets qui pouvaient servir de projectiles", affirme la fonctionnaire de police à des journalistes qui l'interrogent sur "la base légale" de
sa saisie." Que dire de plus, à part qu'il faudrait p'tet un peu se bouger l'train...?
Un peu plus tard (quel farceur ce Sarko), le président est sûr d'avoir conquis
Margot. Il lui touche le bras, comme on ferait à une amie. Elle en rit : "Mon amoureux est jaloux, il ne veut pas que vous me touchiez." L'amoureux, derrière elle, se défend : "C'est
parce que je sais que vous avez bon goût !" Le président répond du tac au tac : "Je vous présenterai Carla !" Sous le soleil, Margot commence à avoir chaud. "Si vous enleviez
votre truc, vous auriez moins chaud !", lui fait alors remarquer le président, agrippant le brassard de plastique marqué du logo CGT porté par Margot, le seul qui ait échappé à la prise
policière...Les preuves en image :
Voici l'épisode tel que raconté par le Parisien : "Drôle de bain de foule pour Nicolas Sarkozy. En visite à l'ANPE et
l'agence d'Assedic de Melun (Seine-et-Marne) pour évoquer la fusion entre ces deux organismes, le président de la République n'a pas résisté à l'envie de saluer les badauds et manifestants qui
l'attendaient.
Il est tombé sur une représentante de la CGT-ANPE particulièrement tenace.
Le débat a été vif mais cordial. Nicolas Sarkozy a été gentiment renvoyé dans ses cordes lorsqu'il a attrapé la
chasuble syndicale de son interlocutrice. «Mon amoureux n'est pas partageur», a réagi Margot Undriener en souriant. Complimenté par l'amoureux en question sur son bon goût, le chef de l'Etat n'a
pas résisté. «Je vous présenterai Carla», lui a-t-il lancé avant de s'éloigner. "
Et c'est tout ? S'il fallait se fier au Parisien pour donner un info (im-)pertinente, notre Président n'aurait pas beaucoup de soucis à se faire. Voilà qu'il faut se reposer sur Le Monde (un
comble!) pour avoir de bonnes infos, et ne pas se laisser endormir ? L'épisode des brassards et banderoles confisqués passe tout simplement aux oubliettes...
Par Vendetta
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Jeudi 15 mai 2008
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/2008
14:30
Une manifestation à Strasbourg, c'est toujours quelque chose d'assez folklorique. Un peu comme une souris se battant avec un élephant ou
aussi naturel qu'un curé dansant la salsa (n'y voyez aucun anti-cléricalisme primaire, mais plutôt un anti-cléricalisme secondaire!). L'Alsace est aussi revendicative qu'un bovin allant à
l'abattoir, voire même un peu moins bien souvent ! même si Strasbourg et une ou deux autres grandes villes font un peu exception. Chose inouïe, les passants croisés dans la rue osent même
crier leur désaccord avec les manifestants et prendre à partie les profs, parents, etc présents dans le cortège ce matin...
Chose inouïe, parce que c'est quelquechose que c'est une agressivité et une hostilité de la "population" que je n'ai jamais ressentie à Paris. Peut-être tout simplement parce que les cortèges
sont plus importants et donc plus intimidants ? Faut-il regretter que le "vulgum pecus" donne son opinion lorsque des milliers de gens le font en défilant dans la rue? Certes non, mais lorsque
c'est fait avec agressivité, c'est autre chose. On croise toujours le poujadistes de base qui crient haut et fort "Poussez-vous, y'en a qui travaillent", ou alors le boulanger à sa fenêtre
hurlant "Si vous voulez du boulot, j'vous en donne moi, feignasses!".
La taille et la tranquillité des cortèges, comparées à ceux de Paris, sont aussi
choses étonnantes. Il est déjà inhabituel ici de manifester, alors, lorsqu'on le fait, faisons en faisant le moins de vagues possible! Heureusement, ce matin, les bruyants lycéens étaient de la
partie, pour mettre un tant soit peu d'ambiance, même si, peut-être/sûrement, tout comme moi lorsque j'étais à leur place, je défilais par pure fainéantise/désir de sécher ou par suivisme, sans
savoir vraiment pourquoi, ma conscience politique de l'époque étant aussi développée que le cerveau de la souris mentionnée au début. Voir aussi ces quelques voitures de police fermant le cortège
accompagnées de nettoyeuses, nous poussant presque pour que nous allions plus vite, renforce encore cette impression que vraiment, on dérange.
Quel plaisir tout de même de marcher sur les rails du tram et de voir ces annonces défiler sur l'écran normalement réservé aux horaires "En raison des manifestations, les trams sont interrompus",
Voir les visages incrédules des potentiels passagers nous regardant passer, sans comprendre qu'ils peuvent toujours attendre leur tram. Ce n'est pas un plaisir mesquin ni méchant que de les voir
ainsi, juste le constat que décidément, le protestataire alsacien est incompris, bien plus qu'ailleurs.
L'envie de les prendre à partie, leur expliquer que, si l'on défile, certains en famille, ce n'est pas que pour nous, ou que pour nos emplois ou nos salaires. Personne n'était ici ce matin pour
protéger son pré carré, mais bien la notion de service public, lorsque le gouvernement, pour améliorer la qualité de l'éducation, supprime des postes! Quand il faudra à ces gens financer sans
aucune aide l'éducation de leurs enfants, de la maternelle à l'université, ou débourser encore des fortunes pour se faire soigner dans une clinique privé hors de prix (mais en trouveront-ils, les
cliniques, par logique financière, refusant nombre de pathologies peu rentables!) et peut-être sans les compétences que l'on retrouve aujourd'hui dans un hôpital public que beaucoup choisissent
par conviction et dévotion (presque un sacerdoce!)...Alors tous ces badauds nous criant dessus ou nous raillant comprendront peut-être pourquoi nous faisons cela?
On pourra dire que nous faisons cela par pure idéologie, oui et alors? Fillon l'a bien dit la semaine dernière :
"On a emmené les français sur le terrain idéologique que nous souhaitions et je pense que c'est une grande
satisfaction." Pourquoi nous reprocherait-on de vouloir ramener le débat sur notre terrain idéologique à nous
?
Par Vendetta
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Mercredi 14 mai 2008
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14
/05
/Mai
/2008
14:20
"Alors que Christine Boutin prépare une nouvelle loi dont il y a plus à craindre (facilitation des expulsions) qu’à espérer... Alors que Nicolas Sarkozy s’auto
félicite de son ruineux crédit d’impôt pour les propriétaires... Alors que les maisons à 15 euros n’existent que dans la tête des ministres à deux francs... Alors qu’une défiscalisation « De
Robien » coûte plus cher à l’Etat qu’un HLM... Alors que les loyers continuent de grignoter le pouvoir d’achat des locataires... Alors que les mesures promises aux SDF sont trahies... Alors
que la crise du logement est toujours aussi grave pendant que tant d’immeubles restent aussi vides..."
Extrait du
site de l'Assoc' Jeudi Noir, qui annonce l'expulsion d'un de ces squats à Paris, occupés
par une quarantaine d'actifs, couples avec enfants, étudiants, dont beaucoup travaillent, mais qui ne peuvent se payer un
loyer parisien...ils occupaient un immeuble inoccupé depuis 10ans. L'expulsion a eu lieu ce matin, sans que la mairie du 3ème arrondissement de Paris (dont le maire soutenait l'initiative) n'en
soit avertie par la préfecture.
Bravo Sarko, au moins tu n'expulses pas que des immigrés squattant un immeuble insalubre! En l'occurence, ce n'est pas pour de soit-disant motifs de sécurité mais uniquement parceque tu es
décidément du côté des propriétaires, contre les mal-logés ou pas logés du tout!
En prime, DiscoKing recherche un appart'...:
Par Vendetta
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Publié dans : Résistances Politiques
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0
Mercredi 14 mai 2008
3
14
/05
/Mai
/2008
09:51
Edifiant !!
j'ai du mal à en croire mes yeux...En voyant cela on voit mieux pourquoi l'an dernier, lors de sa visite en Chine, Sarko semblait "fasciner" par les démonstrations d'autorité chinoises - il
voulait envoyer son fils au président chinois, parceque celui-ci avait "besoin d'autorité" (voir ici). Cela se passe lors de la visite de Sarko hier en Isère, et on en a de très belles preuves photographiques
sur le site de LibéLyon.
Un policier saisit de dangeureux documents de propagande gauchiste...
Deux policiers embarquent une terroriste gauchiste...
Une visite de Sarko quelquepart forcément attire du monde, et inévitablement, des opposants politiques, chose que Sarko, à
trop féliciter et fréquenter Poutine, a peut-être un peu oubliée! Extrait de LibéLyon :
"Des militants veulent manifester aux abords. Certains
du PS, d'autres du PCF, d'autres encore de la la LCR. Ils sont environ 150 à 200, selon un journaliste présent. Mais il y a également énormément de policiers en civil, sur la place et dans
toutes les rues avoisinantes. Normal pour une visite présidentielle. Sauf que le journaliste présent constate que les policiers sont en train de contrôler et fouiller les militants, et surtout
de saisir tous leurs tracts, leurs autocollants, et même leurs journaux. Celui-ci a Rouge dans son sac ? Saisi. Celui-là l'Huma à la main ? Saisi également. Quelques jeunes gens de la LCR
refusent de remettre leurs tracts, ils sont alors menottés et embarqués." Tout ça sous l'oeil vigilant d'un photographe d'une presse que Sarko déteste et qu'il voudrait aux ordres, comme
au bon vieux temps de l'ORTF!!
On obtient les photos qu'on voit ci-dessus : des militants dangeureusement gauchistes sont embarqués pour avoir eu des tracts de la LCR dans leurs sacs!!
Là, ça commence à prendre de sales tournures...Au fait, a-t'on des nouvelles de ces policiers trop zélés qui avaient eu la bonne idée de confisquer de dangeureux drapeaux tibétains sur le
parcours de la flamme olympique il y a quelques semaines...?
Par Vendetta
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Publié dans : Passées inaperçues?
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